Maman « essaye » de travailler !

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Si je devais citer une chose qui me semble fort compliquée à gérer dans mon quotidien de maman de 2 enfants et de working mum en temps plein, c’est d’essayer de garder ma crédibilité au bureau quelque soit le nouveau challenge que le quotidien a tendance à mettre sur ma route le long de mes journées :

une panne de réveil / une crise du matin grognon / un bébé malade et le rush de garde ou de prise de congés en last minute / un bébé presque malade qu’on aimerait garder au chaud et qu’on laisse à contre coeur à la crèche / une petite fille que l’on aimerait caliner plus que l’on devra laisser tard à la garderie / le Xème formulaire d’inscription aux stages qu’il faut rendre absolument hier / la collation collective de toute la classe prévue pour le lendemain et les courses qu’il faudra faire accompagnée des petits en rentrant du travail / …

Des « challenges » du quotidien qui doivent paraitrent bien banals pour les mamans qui me lisent, c’est notre lot à toutes.

Il y a ces jours, ces semaines où tout roule dans une sorte d’équilibre. Et puis… il y a les jours où ça ne roule carement pas. J’ai pour habitude d’essayer avant tout de rester positive par ici, je n’ai pas envie d’amener du négatif dans ma petite bulle d’évasion. Mais cette question mérite d’être soulevée car encore aujourd’hui et je pense que ce sera le cas très longtemps, gérer tous ces aspects de ma vie de femme relève du véritable challenge.

Qui suis-je aux yeux de mon employeur ?

Une employée comme un autre ? ou alors une maman qui « essaye » de travailler ?!

J’ai eu mon lot de difficultés dans le milieu professionnel depuis ma 1ère grossesse, le monde de l’entreprise est assez impitoyable. Et même si je travaille dans une entreprise flexible et compréhensive, il n’y a rien à faire, je ressentirai toujours cette pression. Toujours.
Et pourquoi ? Parce que demander des arrangements, gérer mes horaires, faire l’impasse sur ma pause midi ou sur mon sport (pour aller chercher un  bébé presque malade plus tôt), prendre congé pour un malade, pour des vacances scolaires… cela fera toujours partie de ma vie.

Comme les matins grognons où on arrive au bureau vidée et épuisée (et parfois les traces de larmes bien cachées sous de l’anti-cernes) de toutes ces vies déjà vécues avant 8h ou 9h du matin. Comme toutes les fois où je devrai demander des arrangements à mon employeur, ce qui toujours lui rappellera que même si je m’évertue à lui faire oublier dans mon travail quotidien, je suis une mère avant tout…

Alors oui je travaille, oui en temps plein. Par choix, par nécessité. Mais force est de reconnaitre que j’ai peur de m’épuiser moralement et physiquement. Sommes nous réellement capable de tenir ce challenge ? ce rythme de dingo ? Avec un mari qui travaille beaucoup, l’impossibilité actuellement de réduire mon temps de travail (et je ne vous parle même pas de si une demande éventuelle pourrait être acceptée ou non), la probabilité aussi d’une certaine mise au placard si cela devait se produire. Alors moi la féministe , moi qui ait toujours été admirative des grandes femmes  et du fait qu’il ne fallait justement pas cantonner la femme à la maison,

parfois je me demande… Ce modèle convient-il ?

Je m’épuise à tenir le rythme (et c’est bien simple, je ne sais pas tout faire, même si l’Amoureux fait beaucoup), à penser à 1000 choses à la fois, à ne rien oublier, à rester concentrée sur tel ou tel dossier, à terminer ce rapport, à …

Nous n’avons pas de nounou, pas le budget de toute façon, et pas le désir non plus. Cela ne fait pas de sens pour moi d’aller payer quelqu’un pour s’occuper de mes enfants tous les jours. Cela reviendrait à ne même plus donner du sens à mes heures de travail quotidiennes.

Alors je dois apprendre à concilier, gérer mes émotions aussi, mon sentiment de culpabilité (dont le taux varie selon les jours), savoir comment présenter les choses à mon employeur et… rester ZEN…

Je n’ai pas la solution magique, je ne sais pas si elle existe. Sans doute un jour, réduire mon horaire pourrait sans doute faire beaucoup, j’y aspire je pense.

Et en attendant, j’ai pris une journée #egoday , je pourrai aller conduire et chercher ma chérie sans 1 min de garderie, checher petit chéri et rentrer tous les 3 tôt à la maison. Nous aurons le temps de jouer, de ne pas faire du soir une course à étapes très établies. Cela peut paraitre rien, mais pour moi une journée comme celles-là, cela représente beaucoup !

***
Et vous ? votre quotidien de maman ? vos challenges de tous les jours cela ressemble à quoi ?

***

2 thoughts on “Maman « essaye » de travailler !

  1. Mon quotidien de maman aurait pu ressembler au tien si je n’avais pas décidé de réduire mon temps de travail. Et quand je ne travaille pas, mon fils va quand même à la crèche…
    Il est possible que certaines personnes trouvent cela « choquant » de prendre tout ce temps rien que pour soi. Personnellement, cela fait partie de mon hygiène de vie, cela me permet de rester zen justement, d’aller chercher mon fils à la crèche de bonne humeur et pas stressée parce que j’ai dû terminer vite-vite un dossier au boulot avant de partir en trombe à 17h05 et me sentir déjà en retard pour la crèche ! Au contraire, j’ai eu le temps de faire mes petites courses pendant l’après-midi, de faire tourner une machine et lire un peu.
    Cela me permet de faire autre chose que le travail et la vie de famille, sans devoir rogner de trop sur mes heures de sommeil. En fait mes après-midi sans boulot, ressemblent à ton « egoday » et je trouve cela génial de pouvoir vivre comme cela !

    Et pourtant, en tant que féministe, si on m’avait dit il y a 15 ans que je serais une maman qui met de côté sa carrière, je n’y aurais pas cru.
    Mais je pense que justement, le biais de la « libération de la femme », qui lui permet de travailler et faire carrière, est justement de ne pas avoir tenu compte de la question de la maternité dans tous ses aspects et du fait que la femme reste celle qui s’occupe de la majeure partie du ménage au sens large (courses, enfants, ménage, etc…). Et même lorsqu’il y a une répartition plutôt équitable des tâches dans le couple, cumuler un boulot à plein temps et une vie de famille telle qu’on souhaiterait la vivre relève à mon avis de la gageure.
    Ce mode de vie convient probablement à certaines femmes mais cela ne convient pas à d’autres (dont je fais partie), or le message ambiant nous dit que toute femme peut y arriver ou même devrait désirer une telle vie, que c’est un modèle de réussite.
    Il n’y a qu’à voir le nombre de bouquins avec mille astuces pour devenir des wonderwomen du quotidien… comme si c’était un but à atteindre !

    En parallèle, on parle de plus en plus de burnout parental et même spécifiquement maternel… je n’y trouve rien d’étonnant… mais c’est bien triste qu’un certain versant du féminisme nous emporte là.
    Et puis bon, ces grandes femmes que tu admires, devaient-elles vraiment s’occuper de toute l’intendance familiale avec un job à temps plein rythmé par des horaires pas totalement négociables, et sans l’aide de nounous, ou autre… ? Et si c’est le cas, n’ont-elles toutes jamais regretté le manque de temps pour elles ou leurs enfants ? L’herbe est toujours plus verte ailleurs…

    Mon féminisme consiste à m’écouter, et à reconnaître que notre organisation sociale (et je parle d’ici, concrètement, en Belgique) ne permet pas réellement à toutes les femmes de s’épanouir en tant que maman avec un travail à temps plein. Encore une fois, certaines arrivent à se sentir épanouies de cette manière, mais pas toutes, loin de là…

    1. Coucou, merci beaucoup pour ton commentaire, c’est gai d’échanger comme ça! Je suis tout à fait d’accord avec toi, le côté « wonder woman » on tente de l’acquérir quand on est en mode « je fonce sans trop réfléchir » sur le système dans lequel je me trouve. Mais c’est certain que le « has it all » n’existe pas, c’est impossible d’être sur tous les fronts. Et je suis totalement convaincue comme tu le dis que la « libération de la femme » ne l’a sans doute pas vraiment « libérée » pour de vrai, que du contraire! On se trouve aujourd’hui dans un modèle qui en demande toujours plus sans tenir compte de nos sentiments de maman et aussi tout simplement tout ce que la vie de maman implique comme logistique, temps, etc. Je ne pense pas mentir si je dis que j’aurais difficile à trouver dans mon entourage une amie maman totalement épanouie dans son rythme de vie à 300 à l’heure (et je t’avoue que j’en connais très peu finalement qui sont restées en temps plein). Et même si on pense aux plus carriéristes d’entre nous, ce rythme effréné engendre tellement de stress aussi… Très complexe. Pour faire écho à ton article « je suis une maman », je ne pensais pas un jour que je serais celle qui part tôt pour courir aller chercher ses enfants, mais aujourd’hui je suis convaincue que notre rythme n’est pas le meilleur, que ce soit pour notre épanouissement et bien être de maman et celui de nos enfants. J’ai hâte de pouvoir aussi changer mon rythme pour ne plus être tout le temps dans la course 🙂

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