Pour que vous soyez dignes…

Il y a précisément 6 ans quand je suis devenue maman pour la première fois, peut-être n’avais-je pas mesuré l’ampleur de la tâche qui s’ouvrait devant moi…

Sans doute avais-je sous-estimé les difficultés liées à la vie de parent, la peur pour son enfant qu’il faut apprivoiser, le manque de sommeil, tout ces petits et grands tracas du quotidien qui font partie de cette vie dans laquelle nous avançons désormais ensemble.

Sans doute n’avais-je jamais imaginé qu’une sacrée part de mon innocence volerait en éclats un certain 7 janvier… Ensuite un 13 novembre, ensuite encore un 22 mars pour ma douce Bruxelles… ensuite pour Nice… ensuite…

Sans doute n’avais-je jamais pensé que mon coeur de maman saignerait en voyant les images de ce petit corps sur cette plage… et que l’image de ce petit être innocent viendrait se mêler à celle des corps de mes enfants paisiblement endormis dans leurs lits.

Sans doute n’avais-je jamais imaginé refaire le pire scénario de ce maudit métro et me mettre pour une fraction de seconde dans la situation où j’aurais du vous expliquer que…

Bref, il y a 6 ans j’étais encore si remplie de naïveté et d’innocence…

Il y a peu nous avons parlé de la mort. La vraie. Et du haut de vos 4 et 6 ans cette question si simple est sortie : « mais pourquoi on vit alors si on doit de toute façon mourir ? »

Cette question que ce soir je me pose au nom de toutes ces personnes là-bas… Pourquoi ?

Mes chéris je n’ai pas la réponse…

Je ne peux que tenter de vous dire les premiers mots qui me sont venus alors, « pour essayer de chaque jour vivre quelque chose de beau »…

Cela aujourd’hui j’aimerais vous le promettre, à vous qui avez ce privilège d’être nés de ce côté-ci du globe. Au nom de la chance que nous avons d’être ici, d’avoir été à l’école ce matin, d’être rentrés sous les rires pour manger un bon bol de pates et ensuite filer au cours de danse. D’avoir ensuite savouré de bons fruits et de se lover dans le divan sous les lumières du sapin, au chaud. Avant d’ensuite prendre un bon bain et filer faire de beaux rêves dans un lit bien chaud et en ayant eu les câlins de papa et maman.

En sécurité.

Je me sens tellement démunie en tant que citoyenne… alors j’essaye de me poser la question, que puis-je faire en tant que maman face à ce monde qui me fait si peur ?

J’aimerais que vous soyez dignes, que vous ayez conscience de votre chance, même si cela peut paraitre tellement abstrait quand on a 4 et 6 ans. Je ne vous cacherai pas que là-bas et ailleurs dans le monde certains n’ont pas votre privilège. Je vous apprendrai le partage et l’ouverture d’esprit. Je vous innonderai de mes meilleurs amis les livres, ceux qui m’ont fait vivre 1001 vies et si souvent appris que le monde est vaste et tellement différent de mon petit quotidien. Je vous apprendrai à chaque jour voir les petits bonheurs pour ne pas sombrer dans le pessimisme et la morosité. Cette morosité qui peut paraitre si mal placée si on prend un peu de distance. Je vous apprendrai l’Amour avant tout et l’envie d’avancer et de toujours garder l’Espoir. Je vous rappelerai de toujours croquer la vie à pleines dents et de ne jamais perdre de vue l’échelle des priorités et des valeurs. Je vous apprendrai la gratitude et la reconnaissance. Et comme l’ami Jacques, je vous souhaiterai toujours des Rêves et surtout, l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns…

7 commentaires sur « Pour que vous soyez dignes… »

  1. Bonjour Evelyne,
    Ton article, beau et émouvant, résonne en moi. Merci.
    C’est aussi une belle surprise de te découvrir à travers ce blog alors que nous avons partagé les bancs de l’unif ensemble.
    Aujourd’hui, nous partageons les mêmes rêves pour nos enfants.
    Manon

  2. C’est tellement ça.
    Mon dernier post parle de cela aussi car mon 5 ans ne veut pas grandir.
    Mais j’avoue que, contrairement à toi, je suis dans une phase plus pessimiste et que même si je reconnais notre chance, j’ai vraiment peur qu’elle ne dure pas…

    1. J’ai été te lire et je comprends bien ce sentiment. Je ne suis pas toujours autant chargée d’optimisme et je doute beaucoup. J’ai même pendant un temps été incapable d’affronter l’actualité qui me donnait la nausée et j’ai préféré faire un peu l’autruche un temps… Mais finalement j’essaye (ce n’est pas simple tous les jours et les questions brutes de nos enfants peuvent nous laisser vraiment démunis) d’aller de l’avant et de relever la tête… mais comme toi je suis aussi remplie de peurs, de colère, d’incertitude… Bises

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